Dodik affirme avoir demandé le départ de Schmidt lors des négociations sur les sanctions américaines

Jian Oren
Publié 13 octobre 2026 · 1 vues
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Dodik affirme avoir demandé le départ de Schmidt lors des négociations sur les sanctions américaines
Editorial Collage

Milorad Dodik affirme avoir demandé à l'administration Trump le départ de Christian Schmidt lors des négociations ayant conduit à la levée des sanctions américaines à son encontre.

Le récit de Milorad Dodik sur les négociations avec l'administration Trump soulève des questions sur l'évolution de l'approche de Washington envers la Bosnie-Herzégovine et sur l'avenir de la tutelle internationale dans les Balkans occidentaux.

Milorad Dodik, ancien président de la Republika Srpska, a affirmé avoir demandé à l'administration Trump d'obtenir le départ de Christian Schmidt, l'ancien Haut Représentant international pour la Bosnie-Herzégovine, lors des négociations qui ont conduit à la levée des sanctions américaines à son encontre. Ces propos, tenus dans un entretien accordé le 12 octobre à la Radio Télévision de Serbie (RTS), offrent un nouveau récit des tractations politiques entourant la décision sur les sanctions et le départ de Schmidt.

Dodik a déclaré que des responsables américains avaient demandé à la Republika Srpska d'abroger plusieurs lois annulées par la Cour constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine. Il affirme avoir accepté cette demande mais l'avoir jugée insuffisante, exigeant que Washington agisse également contre Schmidt. Dodik a ensuite suggéré qu'il ne pouvait établir si les responsables américains avaient suivi sa demande directement, soutenant plutôt que les circonstances avaient évolué d'une manière qui a conduit au départ du Haut Représentant.

Il n'a pas identifié les responsables américains prétendument impliqués dans les discussions, ni fourni de preuves que le départ de Schmidt avait été convenu dans le cadre des négociations sur les sanctions. Son récit demeure donc une affirmation non vérifiée plutôt qu'une explication établie des décisions prises à Washington ou de la démission de Schmidt.

Des sanctions aux concessions politiques

Le Trésor américain a retiré Dodik, des membres de sa famille, des associés politiques et des entreprises affiliées de sa liste de sanctions le 29 octobre 2025. Ces restrictions avaient été imposées en réponse à des actions que Washington considérait comme portant atteinte à l'ordre constitutionnel de la Bosnie-Herzégovine et à la mise en œuvre de l'Accord de paix de Dayton, qui a mis fin à la guerre de Bosnie en 1995.

Dodik avait été sanctionné pour la première fois par les États-Unis en 2017, avec des mesures supplémentaires introduites en 2022. Sa confrontation avec les institutions étatiques s'est intensifiée à mesure que la direction de la Republika Srpska contestait l'autorité des institutions centrales de Bosnie-Herzégovine et rejetait les décisions rendues par le Haut Représentant international.

La levée des sanctions a suivi les mesures prises par les autorités de la Republika Srpska pour revenir sur certaines des dispositions qui avaient remis en cause les institutions au niveau étatique. Washington a salué ces gestes comme contribuant à la désescalade, bien que l'annonce du Trésor n'ait pas fourni d'explication détaillée de la décision de lever les sanctions.

Les dernières déclarations de Dodik présentent le résultat comme une négociation dans laquelle il a recherché des concessions au-delà de l'abrogation des lois contestées. Si son récit reflète fidèlement les questions soulevées lors des discussions, cela suggérerait que l'avenir de la tutelle internationale en Bosnie-Herzégovine est devenu partie intégrante des calculs politiques entourant l'allègement des sanctions. Toutefois, les informations disponibles n'établissent pas de manière indépendante que Washington a accepté une telle condition.

Le départ de Schmidt et le rôle de Washington

Schmidt a annoncé sa démission en mai 2026, après avoir exercé les fonctions de Haut Représentant depuis 2021. Il a d'abord décrit son départ comme une décision personnelle, avant de déclarer plus tard avoir subi des pressions importantes et inattendues des États-Unis pour partir plus tôt que prévu.

Son départ s'est donc inscrit dans un débat plus large sur la politique de l'administration Trump envers la Bosnie-Herzégovine. Schmidt s'était à plusieurs reprises opposé à Dodik au sujet des efforts de ce dernier pour affaiblir l'autorité des institutions étatiques et contester le cadre international établi après la guerre.

Le Bureau du Haut Représentant (OHR) a été créé dans le cadre des arrangements d'après-guerre pour superviser la mise en œuvre de l'Accord de paix de Dayton. Ses pouvoirs en ont fait une institution centrale du système politique de Bosnie-Herzégovine, permettant au Haut Représentant d'intervenir lorsque les autorités locales entravent la mise en œuvre du règlement de paix.

Dodik rejette depuis longtemps la légitimité de Schmidt et cherche à réduire ou à éliminer l'influence de cette institution. Sa campagne politique contre le Haut Représentant s'inscrit dans une confrontation plus large sur la répartition des pouvoirs entre le gouvernement central de Bosnie-Herzégovine et la Republika Srpska, l'une des deux entités constitutives du pays.

La démission de Schmidt ne signifie pas, en soi, que l'OHR a été aboli. Le bureau reste partie intégrante du cadre international de sauvegarde du règlement de paix, et la désignation d'un successeur a des implications pour l'avenir de l'engagement international dans le pays.

Les circonstances du départ de Schmidt ont néanmoins soulevé des questions sur la mesure dans laquelle la politique américaine pourrait s'éloigner de l'accent mis précédemment sur l'application institutionnelle au profit d'une approche plus transactionnelle de la diplomatie régionale.

La stratégie de la Republika Srpska et les enjeux régionaux plus larges

Le récit de Dodik doit également être replacé dans le contexte des efforts soutenus de la Republika Srpska pour influencer la prise de décision à Washington. Ses autorités ont investi des fonds publics substantiels dans le lobbying et le conseil politique aux États-Unis, cherchant à obtenir un allègement des sanctions et une plus grande acceptation internationale de leur position dans le différend sur la structure constitutionnelle de la Bosnie-Herzégovine.

La levée des sanctions a constitué une victoire politique importante pour Dodik, qui reste influent bien qu'il soit empêché d'exercer la présidence de la Republika Srpska. Il continue de diriger l'Alliance des sociaux-démocrates indépendants (SNSD) au pouvoir, conservant un rôle central dans la vie politique de l'entité.

Sa position a également attiré l'attention en raison de ses liens de longue date avec la Russie et de son opposition aux politiques occidentales soutenant l'intégrité territoriale de la Bosnie-Herzégovine. Moscou a constamment contesté certains aspects de la tutelle internationale dans le pays, tandis que Dodik a maintenu des relations politiques étroites avec le président russe Vladimir Poutine.

Pour les gouvernements européens, la question centrale est de savoir si les changements dans l'approche de Washington pourraient affaiblir les mécanismes internationaux qui ont contribué à contenir les différends politiques en Bosnie-Herzégovine depuis les années 1990. Une moindre volonté des États-Unis de soutenir ces mécanismes pourrait faire peser une responsabilité accrue sur l'Union européenne pour défendre le cadre de Dayton et répondre aux tentatives de saper les institutions étatiques.

L'UE est déjà confrontée à un équilibre difficile entre le soutien à l'intégration européenne de la Bosnie-Herzégovine et la gestion de l'obstruction politique de dirigeants qui s'opposent à l'autorité du gouvernement central. Si la politique américaine se concentre davantage sur des concessions bilatérales et des accords politiques, les gouvernements européens pourraient avoir plus de mal à maintenir une position occidentale coordonnée.

Les déclarations de Dodik ne prouvent pas que le départ de Schmidt a été échangé contre un allègement des sanctions. Elles attirent toutefois une nouvelle attention sur la relation entre les décisions diplomatiques américaines, les efforts de lobbying et l'avenir de la supervision internationale en Bosnie-Herzégovine. La question plus large est de savoir si l'approche occidentale envers le pays continuera de privilégier la mise en œuvre de l'Accord de paix de Dayton ou accommodera de plus en plus des acteurs politiques cherchant à remodeler son équilibre institutionnel.

Sources : European Western Balkans, Bureau du Haut Représentant

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