Les troubles de la jeunesse française gagnent la Suisse : des émeutes violentes à Halloween frappent Zurich et Bâle

Elise Aranda
Publié 1 novembre 2026 · 25 vues
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Les troubles de la jeunesse française gagnent la Suisse : des émeutes violentes à Halloween frappent Zurich et Bâle
Editorial Collage

Des émeutes violentes à Halloween gagnent la Suisse : des rassemblements non autorisés à Zurich et Bâle font écho aux protestations de la jeunesse française.

Les troubles ont commencé tard le samedi 31 octobre et se sont poursuivis jusqu'aux premières heures du dimanche. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dans le quartier nocturne de la Langstrasse à Zurich, tandis qu'une manifestation plus réduite traversait le centre de Bâle. Les deux rassemblements étaient non autorisés.

Le moment choisi a rendu la réponse policière particulièrement difficile. Halloween avait déjà attiré de grandes foules dans les rues, et les manifestants se sont mêlés aux fêtards avant que les affrontements ne commencent. Certains portaient des masques et des lunettes de protection, d'autres étaient déguisés.

Au moment où les rues ont été reprises en main, la police avait dû faire face à des barricades en feu, à des jets de bouteilles et de pierres, ainsi qu'à des groupes se déplaçant entre plusieurs endroits.

Ce qui s'est passé en Suisse était également observé sur fond de troubles en France, où des protestations nées de conditions dans les écoles se sont transformées en un mouvement plus large exprimant la colère face au coût de la vie et aux inégalités.

Une protestation française trouve un écho en Suisse

Les premières manifestations en France portaient sur des griefs familiers des lycéens : bâtiments délabrés, pénurie d'enseignants et mécontentement à l'égard du système d'admission universitaire Parcoursup.

Les protestations ont ensuite attiré une base plus large. Des syndicats et des vétérans du mouvement des Gilets jaunes ont rejoint les manifestations à mesure que les revendications économiques prenaient de l'importance.

À la fin du mois d'octobre, les autorités françaises avaient enregistré 565 interpellations dans tout le pays et des blessures chez cinq membres des forces de sécurité.

Des appels à des actions de solidarité ont ensuite circulé sur les réseaux sociaux et les plateformes en ligne radicales en Suisse. Le langage employé par les participants rendait le lien explicite.

Les troubles de la jeunesse française gagnent la Suisse : des émeutes violentes à Halloween frappent Zurich et Bâle
Les protestations se sont également étendues à la Suisse - des barricades brûlent à Zurich et à Bâle/SRF

Un slogan, « On en a marre – en Suisse aussi », se traduit par « Nous en avons assez – en Suisse aussi ». Un autre, « GenZ regelt », signifiant approximativement « la génération Z va régler ça », présentait les protestations comme faisant partie d'un défi générationnel plus large à l'autorité établie.

Aucun de ces slogans n'explique pourquoi des participants individuels sont descendus dans la rue. Les griefs français d'origine concernant les écoles et les admissions universitaires ne peuvent pas être simplement transposés en Suisse, où les circonstances politiques et éducatives diffèrent.

Mais les mouvements de protestation ne se propagent pas toujours parce que les problèmes sous-jacents sont identiques. Parfois, l'attrait réside dans la possibilité d'exprimer un mécontentement plus général, en particulier lorsque les images et les messages de manifestations ailleurs circulent rapidement en ligne.

Cela semble avoir été un élément important de la mobilisation suisse.

Des groupes autonomes d'extrême gauche figuraient également dans les réseaux faisant la promotion des rassemblements. Leur implication soulève des questions sur la mesure dans laquelle la violence qui a suivi était planifiée, bien que les informations disponibles n'établissent pas qui a dirigé les troubles ni si les incidents de Zurich et de Bâle ont été coordonnés de manière centralisée.

Une nuit d'incendies à Zurich

Le district 4 de Zurich était déjà animé lorsque les gens ont commencé à se rassembler sur la Piazza Cella vers 22 h 30.

La Langstrasse, qui traverse le district, est connue pour ses bars, sa vie nocturne et sa longue association avec les manifestations politiques. C'était un lieu évident pour attirer l'attention à Halloween, mais aussi une zone difficile à contrôler pour la police une fois les troubles commencés.

Des engins pyrotechniques ont été détonés à plusieurs reprises au milieu de la foule. Vers 23 heures, les manifestants se sont déplacés le long de la Langstrasse en direction de l'Helvetiaplatz.

Près du carrefour avec la Stauffacherstrasse, des conteneurs à déchets ont été traînés sur la chaussée et incendiés.

La police municipale de Zurich, renforcée par des agents cantonaux, a déployé des canons à eau pour repousser la foule. Au lieu de mettre immédiatement fin aux troubles, l'intervention a été suivie par le déplacement de groupes plus restreints dans les rues environnantes.

Les troubles de la jeunesse française gagnent la Suisse : des émeutes violentes à Halloween frappent Zurich et Bâle
Les protestations se sont également étendues à la Suisse - des barricades brûlent à Zurich et à Bâle/SRF

D'autres conteneurs ont été incendiés. Des vélos et trottinettes électriques ont été brûlés, ainsi qu'une voiture en stationnement sur la Zwinglistrasse. Des vitrines ont été brisées dans des commerces près de l'Helvetiaplatz et à l'arrêt de transports publics de Stauffacher.

Les agents ont été attaqués avec des pierres, des bouteilles et des engins pyrotechniques. La police a utilisé des canons à eau, du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc.

Le nombre de spectateurs a créé un autre problème. Les personnes observant les affrontements se sont massées dans des zones où les agents tentaient d'opérer, rendant plus difficile la distinction entre les personnes impliquées dans la violence et les passants.

Les pompiers professionnels de Schutz & Rettung Zürich ont été appelés pour éteindre plusieurs incendies.

Peu après minuit, un incident distinct a illustré à quel point la situation était devenue dangereuse.

Une patrouille de police répondait à une urgence médicale sur la Brauerstrasse, où un adolescent avait subi de graves blessures à la jambe. Avant que les agents puissent intervenir, une foule les a attaqués et endommagé leur véhicule de patrouille.

Les agents se sont retirés sans avoir pu porter secours à l'adolescent blessé.

On ne sait toujours pas pourquoi la patrouille a été attaquée ni si les responsables savaient que les agents répondaient à une urgence médicale. Le résultat, cependant, est que la violence a empêché les secours d'atteindre un mineur blessé.

Les troubles se sont progressivement calmés, la situation se stabilisant vers 1 h 30.

Bâle confrontée à des perturbations similaires

Bâle a connu un affrontement plus réduit mais comparable.

Environ 150 personnes ont rejoint une marche non autorisée partant de la Claraplatz et traversant le centre-ville en direction de Saint-Jean.

À la St. Johanns-Platz, les manifestants ont construit des barricades avec des conteneurs à déchets et des clôtures métalliques, puis y ont mis le feu.

Les incendies et les barricades ont perturbé la circulation dans toute la zone. Les services de transports publics du centre-ville ont été temporairement interrompus, tandis que les véhicules privés ont subi des retards considérables.

La police cantonale est intervenue, poussant les manifestants à se disperser dans le parc Saint-Jean. Les pompiers ont éteint les barricades en feu.

La situation de Bâle, à la frontière française, rend particulièrement notable l'apparition de protestations associées au mouvement français. Pourtant, les événements dans les deux villes suisses partageaient plus qu'un lien géographique avec la France.

Les deux ont impliqué des rassemblements non autorisés, du mobilier urbain incendié et des perturbations des infrastructures de transport. Les deux se sont également terminés par la dispersion des manifestants depuis les principaux sites d'affrontement.

Les informations sont insuffisantes pour déterminer si les similitudes résultent d'une coordination directe, de tactiques partagées circulant en ligne ou de groupes locaux adoptant indépendamment des méthodes observées ailleurs.

Pour la police, cette distinction compte lorsqu'il s'agit d'anticiper de nouveaux troubles. Pour les personnes vivant et travaillant dans les quartiers touchés, les conséquences immédiates ont été à peu près les mêmes.

Les troubles de la jeunesse française gagnent la Suisse : des émeutes violentes à Halloween frappent Zurich et Bâle
Les protestations se sont également étendues à la Suisse - des barricades brûlent à Zurich et à Bâle/SRF

Les limites du maintien de l'ordre

Les troubles de Zurich ont posé à la police un problème bien plus difficile à gérer qu'une manifestation suivant un itinéraire convenu.

Une fois la foule initiale divisée en groupes plus restreints, les agents ont dû faire face à des incidents dans plusieurs rues. Un incendie pouvait attirer les pompiers à un endroit tandis qu'un autre groupe endommageait des biens ailleurs. La police devait également maintenir l'accès des véhicules d'urgence à travers des zones encombrées de manifestants, de spectateurs et de fêtards d'Halloween.

L'attaque contre la patrouille répondant à l'adolescent blessé était particulièrement préoccupante car elle a entravé une intervention d'urgence sans lien avec le maintien de l'ordre de la manifestation elle-même.

De tels incidents créent des choix difficiles pour les commandants de police. Déployer des agents pour protéger les secouristes peut réduire le personnel disponible pour contenir la violence ailleurs. Concentrer les ressources sur la dispersion des émeutiers, en revanche, ne garantit pas nécessairement que les pompiers ou les équipes médicales puissent circuler en sécurité dans les rues voisines.

L'usage croissant des vélos et trottinettes électriques dans les villes introduit une autre préoccupation pratique. À Zurich, ces véhicules sont devenus des cibles supplémentaires d'incendie criminel, aux côtés du mobilier urbain conventionnel et d'une voiture en stationnement.

Les infrastructures de transports publics ont également été touchées dans les deux villes, par des dommages matériels à Zurich et par des interruptions de service à Bâle.

Aucune de ces cibles ne nécessite d'équipement sophistiqué pour être attaquée. Pourtant, les perturbations qui en résultent peuvent s'étendre bien au-delà du lieu immédiat d'un incendie ou d'une barricade.

Les dommages économiques n'ont pas été évalués. Les entreprises doivent faire face à des vitrines brisées et à une activité interrompue, tandis que les municipalités supportent les coûts des infrastructures endommagées et des opérations d'urgence.

Dimanche matin, les autorités suisses n'avaient pas publié de chiffres confirmés sur les interpellations ou les agents blessés. La police municipale de Zurich avait ouvert des enquêtes pénales.

L'absence de ces chiffres rend également prématurée toute comparaison directe avec la France. La police française faisait face à une vague de manifestations bien plus importante, tandis que les autorités suisses géraient des troubles concentrés dans deux villes au cours d'une seule nuit.

Un mouvement incertain derrière la violence

Le rôle des réseaux militants radicaux reste l'une des questions importantes non résolues.

La mobilisation en ligne peut rassembler des personnes qui auraient autrement peu de liens organisationnels. Des groupes établis peuvent fournir des slogans, des points de rendez-vous ou une expérience des manifestations conflictuelles, tandis que d'autres se joignent parce qu'un événement attire déjà l'attention.

Halloween a ajouté une complication supplémentaire. Les déguisements et les rues nocturnes bondées ont offert aux participants des occasions de dissimuler leur identité ou de se déplacer parmi des personnes sans lien avec les protestations.

Mais la présence de manifestants masqués n'établit pas, à elle seule, le degré de planification derrière la violence.

On ne sait pas non plus dans quelle mesure les participants suisses s'identifiaient aux griefs éducatifs qui avaient initialement amené les étudiants français dans la rue.

Le langage du mouvement s'est élargi, passant de revendications précises sur les écoles et les admissions à des expressions de colère générationnelle. Cela facilite l'identification des personnes de différents pays aux protestations, mais rend plus difficile de déterminer quels changements politiques les participants souhaitent réellement.

Les autorités suisses doivent désormais enquêter sur les individus responsables de la violence tout en évaluant si les rassemblements représentent des actions de solidarité isolées ou le début d'une mobilisation plus durable.

Cette évaluation influencera la manière dont la police se prépare aux futures manifestations, en particulier dans les quartiers où les rassemblements politiques chevauchent la vie nocturne et les axes de transport fréquentés.

L'expérience de Zurich laisse également une question opérationnelle plus immédiate. Les agents ont pu disperser la foule principale, mais la violence s'est poursuivie dans les rues environnantes, et une patrouille tentant d'atteindre un adolescent blessé a été contrainte de se retirer.

Pour une ville gérant des troubles à l'ordre public, contrôler la manifestation principale n'est qu'une partie de la tâche. Maintenir les rues accessibles aux ambulances, aux pompiers et aux autres intervenants d'urgence peut s'avérer bien plus difficile une fois que les affrontements se propagent au-delà d'un seul lieu.

Sources : Stadt Zürich, Belga News Agency, Bluewin

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